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S'améliorer sans s'entraîner, 2eme partie: La jachère


Comme athlète, nous devons toujours nous améliorer. 

Avec les années, c'est difficile. Qu'est-ce qui arrive quand on a fait le tour d'un ou de plusieurs sports?

Pour ma 17e saison de sport d'endurance, je voulais faire ça différent, ou pas du tout. 

M'entraîner plus ou mieux? Non... plutôt l'inverse.

Laissez tomber vos capteurs de puissance et autres gadgets futiles. Seul votre esprit est requis ici.

DOSSIER SPÉCIAL: S'AMÉLIORER SANS S'ENTRAÎNER

Deuxième partie: La jachère


La jachère est un terme d'agriculture qui réfère au repos des terres agricoles. Les fermiers laissent toujours un secteur vacant durant une saison, sans y cultiver quoi que ce soit. C'est l'occasion pour la terre de reprendre des forces, de combler le manque en sels et minéraux etc.

En sport d'endurance, tout ce qui est prescrit, ce sont quelques semaines de repos par année. Ça dure entre 5 et 7 jours. On te donne un off-season de 3 semaines en octobre ou novembre et puis le reste du temps, on s'attend à ce que tu donnes ton 110% sans arrêt.

Est-ce que ça te tente toujours? Non.

Est-ce que les semaines de repos des plans d'entraînement tiennent vraiment compte du repos psychologique? Absolument pas!

Est-ce qu'une semaine est assez? Pas nécessairement.

Est-ce que le repos doit être planifié d'avance? Au contraire.

Certains coachs vont balayer les lignes précédentes du revers de la main. Ils diront que c'est prouvé que les muscles refont leur réserve en x nombre de jours etc. Même les montres cardiaques se permettent de nous coacher en nous prescrivant du repos. 😂

Pourtant, tout le monde semble dire que la performance sportive dépend beaucoup plus du mental que du physique.

Comment la science du sport applique cette théorie? Comme ça: « Repose tes jambes un peu et après ça, on va préparer le prochain objectif. »

Le repos mental est le grand oublié du plan d'entraînement.

Le temps de récupération physique et psychologique est personnel à chacun. Le repos ne doit pas être intégré à l'entraînement, c'est l'entraînement qui doit être modulé autour du repos.

Aucune démarche scientifique ne pourra jamais définir des qualités psychologiques qui, sans terminologie complexe, se nomment « dépassement de soi », « persévérance », « feu dans les yeux » et autres synonymes d'un esprit compétitif bien préparé, bien reposé.

L'essentiel, c'est de décrocher pour vrai. Pas besoin de boire ni fumer durant une semaine, mais si ça vous fait du bien... Tant mieux. 

Une bonne vieille jachère de sport, c'est une période d'une durée indéterminée où plus rien ne se passe en surface. Tout se passe à l'intérieur. Le corps et l'esprit font le plein d'énergie pour être d'attaque le jour où vous reviendrez au jeu.

Comment savoir si vous êtes reposé?

Après la jachère, votre retour doit être l'extase. Vous avez du jus, vous êtes sans fond! Si vous dites que c'est difficile de recommencer, que vous en avez perdu, c'est parce que vous n'en avez pas encore assez perdu.

Vous ne perdez rien, vous êtes en train de gagner.

Combien de temps un bon repos dure-t-il? Une semaine? Un mois? Un an? Peu importe. L'important, c'est que vous soyez encore là dans 5, 10, 20 ans à pédaler avec nous autres, comme c'est trop rarement le cas.

Il vient un point où l'état d'esprit optimal compense sur une forme physique moyenne. C'est à partir de là qu'il faut reprendre l'entraînement, pas avant.

Bien sûr, je n'ai aucune donnée de puissance pour me justifier, juste de belles performances et de bons résultats en compétition après un repos que même une personne sédentaire n'aurait jamais prescrit.

Exagérez. Mettez le même effort à décrocher que l'effort fourni pour vous entraîner. 

Sans le savoir, en donnant une vraie pause à votre esprit, vous vous serez amélioré, sans même vous entraîner.

« Un esprit sain dans un corps sain », ce n'est pas juste une belle phrase. 

Il faut la vivre.

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