Accéder au contenu principal

Les raisons


Ah bonjour! Ça fait un bout, désolé mais je suis occupé!

Comme bien d'autres, je suis dans cette période de l'année où l'on exige beaucoup de nous-mêmes. Le meilleur de nous-même à l'école car les examens finaux sont à nos portes, mais aussi au travail et dans le sport avec l'été qui arrive.

C'est moins pire cette année par contre, car je n'ai pas de saison de vélo qui arrive dans deux semaines. J'en viens même à me demander comment je faisais durant les autres années quand cette période névralgique arrivait. Semble-t-il qu'on s'adapte...

La période mi-mars à mi-avril est toujours difficile pour le sportif d'endurance. De mon côté, comme chaque année à ce temps-ci, mes jambes de course à pied me lâchent en raison de petits bobos. Sauf que cette fois, avec le Ironman, je dois continuer de courir donc c'est moins drôle!

Tout cela pour dire que j'ai été pris avec une douleur à la jambe et je n'ai pas couru pendant deux semaines. J'ai repris tranquillement en fin de semaine et si j'y vais progressivement, je devrais pouvoir courir sans arrêter jusqu'au grand départ en voyage.

Ce n'est pas facile de voir tout ce qu'on peut perdre de forme physique en deux semaines, mais ma théorie là-dessus est assez simple: La forme et le poids, ça se reprend aussi facilement que ça se perd. Rien ne se perd et rien ne se créé, donc si vous trouvez que vous prenez du poids facilement, retournez faire votre chimie de secondaire 5!

Une fois blessé pour la course, on se dit qu'on va faire plus de vélo, mais ce n'est pas si simple cette année, avec cet hiver qui s'acharne (encore de la neige aujourd'hui) et les temps libres qui sont comptés. Mais bon, on a le temps en masse de se bunker en bike!

Pour le reste, et bien je peux nager en paix, mais la nage... c'est ça. :)

Bon, tout ça pour dire que c'est bien tranquille pour moi côté sport depuis deux semaines, mais ça fait parti du plan. À une période de l'année où je commence normalement à me sentir bien, je dois calmer le jeu, garder beaucoup de balles sur ma ceinture de munitions pour 2011.

C'est beau le triathlon, mais je ne dois pas «peaker» avant la mi-août et de toute façon, ce sport est sur le point de prendre le bord, car l'autre gros projet de l'année 2011 est sur le point de débuter!!

En effet, pour mes lecteurs qui ne me lisent pas vraiment et qui ne le savent pas encore (il y en a plus que je pensais), dans trois semaines, moi et mon frère Maxime partons traverser le pays en bike.

Si je viens de vous l'apprendre, sachez que ce n'est pas une décision de dernière minute et que presque tout est en place pour le grand départ.

Le matériel de camping est tout acheté et les vélos sont en pleine modification finale. Je finis mes examens et on part.

Notre page facebook est même en place. Cliquez sur «j'aime», c'est le seul moyen de pouvoir voir les centaines de belles photos que nous allons prendre!!

Plus cette échéance approche, plus je me met dans la peau du cyclotouriste extrême et je commence à me préparer mentalement en fonction de l'énorme défi qui s'annonce.

2 mois perdu sur le bord de la route, à parcourir l'équivalent de 2 tours de France et demie, sans peloton, avec de vélos super lourds. Environ 1000 kilomètres par semaine, c'est toute une charge de travail.

Je l'ai dit et je le dis encore: j'appréhende beaucoup plus ce voyage que le Ironman. Je n'ai jamais fait ça et je suis assez anxieux même si je suis très confiant.

C'est pourquoi il est important de savoir pourquoi on fait ça, pour ne pas arriver après 10 jours et se dire: «What the fuck, je suis dans la merde et j'aime pas ça, quecé je fais icite?»

Donc, pourquoi je fais ça?

Depuis que mon frère Maxime est entré au Bac en génie civil, il n'a jamais cessé de dire que son voyage de fin de Bac à lui, ce serait de traverser le Canada en vélo. J'ai toujours trouvé cette idée cool, mais sans plus. Moi, ce que j'aime, c'est la course, la vitesse, l'action. Tout ce qui ressemble à la course automobile, sport que j'aurais tant aimé faire quand j'étais petit...

Ce projet est devenu concret, en juillet dernier, quand Maxime m'a dit: «Là, je pars en mai prochain, à l'arrivée du printemps, c'est décidé». Ma perception de l'idée a changé dans ma tête. J'ai réfléchis à cela durant 2 ou 3 semaines, à savoir si j'allais «m'inviter» en voyage, ou pas.

La réflexion suivante a suivi:

1- Ma saison de vélo ne va nulle part. Je fais deux petites courses québécoises par semaine dans une équipe pas de budget et surtout, je suis toujours pété de mon horaire de bar de toute façon.

Ça va bien les mardis soir à Lachine, mais je passe mon temps à chasser des échappées ou à faire des lead-out pour l'équipe. C'est super le fun avec la gang, mais je ne referai pas ça un an de plus. Ça me demande trop pour si peu.

2- Justement, malgré la recherche d'emploi, je travaille dans un bar à temps plein durant l'été et non pas dans les médias, domaine dans lequel j'ai un diplôme qui est supposé être reconnu dans le milieu journalistique... En tout cas pour l'instant je blogue pour ne pas trop perdre ma plume et j'étudies en droit!!

J'ai un très bel emploi super le fun, mais mon but dans la vie n'est pas d'être un serveur de bière.

Tous les patrons de médias que j'ai rencontrés me disent que j'écris bien, que j'ai du talent et blablabla, mais personne ne me donne de job. Donc tant qu'à ne pas avoir l'opportunité de rapporter les histoires des autres, je vais m'en inventer une, je vais en rajouter une couche et un jour ça va débloquer.

Faut pas attendre que la chance nous tombe dessus, il faut cogner à sa porte. Cette histoire de voyage va peut-être m'aider à atteindre mon but. C'est du moins ce que je me suis dis. Il vaudra mieux avoir des remords que des regrets.

3- J'ai pas de blonde et avec le monde que je fréquente, je ne suis pas parti pour ça non plus.

4- J'ai besoin de nouveaux défis et je viens de m'en trouver un beau. J'ai toujours trouvé incroyables ces aventures à vélo, de gens qui ne sont pas nécessairement des cyclistes, qui partent et font le tour du monde ou autres odyssées périlleuses. Jugeant que c'était trop fou pour moi et mon petit confort, ça ne m'a jamais semblé accessible.

Mais cette fois, c'est le Canada, c'est mon pays, mes langues, ma culture, avec des villes et de la bouffe partout (oui, comme me le rappelle souvent Maxime, mon existence se résume à vouloir manger). Cette traversée semble être plus un beau voyage assez physique qu'une folie misérable éternelle.

Pour les raisons précédentes, j'ai besoin de changer d'air et me donner une nouvelle perspective de vie autre que les études-sport-travail sans arrêt.

C'est décidé, je pars et je ne me retourne plus.

Depuis ce jour, je n'ai plus jamais douté que je le ferais. Sauf qu'une autre idée est née par la suite.

Il y a eu Fred qui, à peu près au même moment, m'a suggéré le Demi-Ironman de Syracuse en fin de saison, pour qu'on se recrinque et qu'on finisse notre saison de vélo un peu perdue en beauté.

À l'arrivée de ce premier triathlon, les discussions étaient déjà engagées. Fred m'a amené l'idée suivante: «Après un aussi gros voyage, tu va être super endurant, on pourrait s'incrire à un Ironman à la fin de l'été, juste avant l'école. Moi je me prépare de mon côté et toi en voyage. Quand tu reviens, tu te remet à travailler ta nage et ta course. Si on travaille là-dessus tout l'hiver avant, je pense qu'on peut être bon même on est pas vraiment des triathlètes. Ça fait des années qu'on en parle, ça pourrait être le bon moment de s'essayer.»

Et voilà donc le raisonnement, j'ai embarqué et jusqu'à maintenant, on ne s'est pas trop trompé, même qu'on est pas mal devenus des triathlètes. Plusieurs de nos amis se sont ensuite joints à nous, si bien que nous serons 6 Québécois au départ à Louisville le 28 août prochain!

Toute cette belle aventure qui durera 4 mois commence dans moins de 20 jours et j'ai très hâte, mais en même temps je prend le recul nécessaire.

Je ne m'entraîne pas très fort, je mange plus et je "prend de la chair" un peu. Faut reculer pour mieux avancer. Parce qu'une fois parti en voyage et avec l'été de "swim bike run" qui suivra, le corps va être exploité au maximum. Va falloir être présent quand ça compte! Je ne répéterai pas mes erreurs du passé.

D'ici là, j'ai plein de sujets de blogue que je dois écrire et j'ai surtout une session à finir en beauté. J'ai hâte, mais chaque chose en son temps semble-t-il!

@+ :D

Commentaires

Belle philosophie David! On continue de te lire et te suivre! Max et toi vous allez avoir toute une expérience!
JP Latreille a dit…
Traverser le Canada semble plus difficile s'en a l'air. une journée à la fois... Les rocheuses avec les paysage à couper le souffle, ça passe vite. Les prairies, en moyenne 3 jours et c'est traversé. Le plus long et pénible, c'est l'Ontario. Si tu as la chance de passer au USA entre Winnipeg et Saut-Ste-Marie, tu auras sauver beaucoup. bonne route!
Z boy a dit…
ils cherchent des journalistes à Rimouski, mais bon, tu pars pas du bon côté !!!

Posts les plus consultés de ce blog

Si je meurs frappé par une voiture

Ça y est, la neige est partie. Tous les cyclistes roulent dehors.
Dans mon esprit, une question presque morbide me revient maintenant à chaque printemps: Qui se fera tuer sur son vélo cette année?... 
La route appartient à tous et ces moments de liberté sont à nous. Svp ne nous en privez pas. Photo: Geoffroy Dussault
Si jamais je meurs frappé par une voiture, je serai une autre victime de l’inattention d’un conducteur, d’un texto ou même de l’alcool au volant. Ce sera peut-être en partie de ma faute, mais qui ne fait jamais d'erreur? En général, sur la route, les plus vulnérables n'ont pas droit à l'erreur.
Si jamais je meurs frappé par une voiture, dîtes-vous que c’était ma pire crainte, que j'y pensais à chaque jour. Mais il faut continuer à vivre, continuer à rouler.
Si jamais je meurs frappé par une voiture, dites-vous que j'ai pu voyagé un peu dans ma vie, que je considérais le Québec comme un endroit merdique pour pédaler. Nous côtoyons chaque jour des con…

Merci aux automobilistes

Je pense qu'on ne vous l'a jamais dit. 
Chaque jour du printemps, de l'été et de l'automne, nous sortons rouler. Vous êtes des milliers à nous contourner, à laisser 1, 2, 3 mètres de distance entre nous et votre voiture. 
Merci à la grande majorité des automobilistes qui nous permettent de pratiquer notre sport préféré en sécurité.
Dans un débat qui tourne en rond depuis des années entre les autos et les vélos, on oublie souvent que la plupart des automobilistes sont très courtois. Ils le font de bon coeur ou encore en pestant dans leur voiture contre les maudits bécyks. Mais ils ont assez de conscience sociale pour nous donner de l'espace, quelle que soit leur opinion sur le sujet.
MERCI
Je suis le premier à chialer contre les cyclistes imprudents quand j'embarque dans ma voiture. Pourtant, je passe des centaines d'heures sur mon vélo à chaque année depuis 15 ans. 
Chers collègues sur deux roues, vous remarquerez que les coups de klaxons, les frôlements d…

Si la route ne suffit plus

Nous vivons dans un monde moins périlleux qu'autrefois. Pour nous qui lisons ces lignes, plusieurs choses si précieuses il y a un siècle sont aujourd'hui acquises; avoir un travail valorisant, manger à sa faim, pratiquer des loisirs, etc.

Si bien qu'on s'invente parfois des problèmes. Les grandes maladies infectieuses du passé ont laissé place à la déprime, au syndrome du gazon plus vert chez le voisin. 
À quelque part, si la survie nous garde vivant, la facilité semble nous tuer.
Donc on se met dans la misère pour se sentir en vie. Côté vélo, même si on peut dire que la situation s'est améliorée depuis que les pays modernes ont commencé à asphalter les routes il y a des décennies, allez comprendre pourquoi on les fuit maintenant pour retourner rouler sur la gravelle. 
Tout s'explique. Combien de nos sorties de vélo furent sans histoire? On roule souvent les mêmes parcours, près de chez soi. Si beaux mais si prévisibles à la fois.
C'est pourquoi l'hiver…