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La nuova vita di Guillaume Boivin



Photo: canadiancyclist.com
Guillaume Boivin en est à sa première saison dans le World Tour, la ligue nationale du bicycle de route. Cette année, je lui parlerai à quelques occasions pour faire le point sur cette expérience unique.

Aujourd’hui: LE DÉBUT DE SAISON

Tout a commencé fin 2012 par une série de rencontres à Milan et un premier camp en Toscane.

«On a vraiment roulé piano-piano pendant deux semaines. Je n’étais pas habitué à ça. Faut dire que les gars reprenaient à peine le vélo.  J’étais gonflé à bloc, ayant terminé ma saison bien avant eux !»

Ensuite, il y a eu cette présentation d’équipe avec un vidéo hollywoodien incluant la voix du gars dans toutes les bandes annonces de films.

Rapidement, Guillaume tisse des liens avec ses équipiers majoritairement italiens, mais avec le traducteur-coloc-cycliste Brian Vandborg toujours dans les parages, ça se passe bien. « Mon italien s’améliore à chaque jour ! »

L’intégration dans l’équipe est facile et tout le monde est sympathique. Il faut dire que Guillaume, qui a du sang du Lac-St-Jean dans les veines, a gagné l’initiation, qui consistait en une sorte de « beer mile » avec de la Grappa.

Pour ceux qui l’ignorent, le beer mile est originalement une compétition d’athlétisme dans laquelle il faut courir un tour de piste de 400 m, caler une bière et recommencer trois fois pour faire un mile et 4 bières. Quand tu gagnes un truc du genre, tu deviens cool !

Finies les folies, direction Tour du Qatar pour le début de saison. Cette fois, pas l’temps d’niaiser. Tout est mis en place pour gagner dans cette équipe . « Avec un ratio de 1 membre du personnel par coureur en camp d’entraînement et tout ce qu’il faut pour seulement manger-rouler-dormir durant les courses, on a intérêt à marcher ! »

Photo: Hugo Houle
Tout ne va pas pour le mieux au Qatar. Si l’équipe passe à côté d’un bon résultat, sur un point de vue plus personnel, Guillaume prend des notes pour l’année prochaine. « J’ai beaucoup voyagé entre tous ces camps, j’ai dû m’établir à Lucca en Italie et j’ai voulu passer du temps avec la famille à longueuil. C’était trop  une grosse gymnastique, je n’ai pas fait un vrai long camp d’entraînement et je n’avais pas la forme espérée au premier jour de course. »

Ensuite, ce fut le Tour d’Oman, durant lequel Peter Sagan se joint à l’équipe. « Quand on a un gars comme ça dans l’alignement, on est tous super motivés, sachant que notre travail sera très probablement récompensé, et c’est ce qui est arrivé. »

Avec moins de 10 jours de courses dans les jambes, Guillaume se retrouve à défendre le maillot rouge de meneur du tour pour son coéquipier. De grosses journées l’attendaient, à prendre du vent durant 175 km pour mettre le tempo. « J’ai aussi placé Peter en tête du peloton au pied de la bosse pour sa première victoire. J’avais une job à faire et ça a bien été, la forme revient vite. »

Photo: Journal de Montréal
Côté tourisme, pour ne pas copier les cartes postales de Lio Kiefer, le Qatar semble assez désertique ( !) à l’exception de la magnifique capitale, Doha, et l’Oman est un merveilleux oasis.

Mais ces beaux voyages exotiques sont terminés. Après un abandon à la 5e étape du Tour d’Oman en raison de troubles intestinaux aujourd'hui, Guillaume retournera dans la froide Europe en préparation pour Paris-Nice, où il entend aider son sprinteur Elia Viviani à repartir avec quelques bouquets.

Ce sera ensuite l’heure de se tourner vers les grandes classiques, où Peter Sagan risque d’être aux avant-postes. « J’espère pouvoir lui donner un bon coup de main et prendre de l’expérience en même temps. » Si tout va bien, Guillaume sera au départ de Paris-Roubaix pour la première fois depuis les rangs juniors, où il avait grandement impressionné malgré beaucoup de malchance.

Il sera ensuite de retour au Québec pour une pause bien méritée à la mi-avril. Semble-t-il qu’on va aller prendre une bière !!

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