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Lachine #5

Photo © Pasquale Stalteri / www.miroirducyclisme.ca
Je vous avouerai que je n'y croyais plus,

Voici une histoire de sport personnelle:

J'ai couru mon premier mardi cycliste de Lachine en 2007, junior 2e année.

C'est là que j'ai chuté pour la première et seule fois en 11 ans de compétitions cyclistes. Ça roulait fort et serré.

S'en suivirent 3 saisons à travailler modestement pour des prétendants au maillot jaune. 

L'histoire a fait le reste. Guillaume Boivin et Jean-François Laroche terminant deuxième du championnat, respectivement en 2008 et 2009, J-F l'emportant en 2010: Trois campagnes durant lesquelles mes leaders ont très bien figurés au classement général, sans gagner une seule étape...

J'étais absent en 2011 quand J-F en a gagné 2. 

Donc, outre Jean-Sébastion Perron qui l'emporte en solo sans gros travail d'équipe en 2008, je n'ai jamais contribué au succès ultime de mon leader sur cette course en 3 ans et ce, même en ayant un beau maillot jaune dans ma chambre, cadeau-souvenir au terme de la saison 2010.

C'en était devenu une vraie joke cette année. Les gars! Je n'ai jamais gagné ici! Même pas par l'intermédiaire du BOSS!

À chaque soir, durant 3 ans, le plan était de gagner la course, avec toutes sortes de stratégies. Mais hélas, peu importe le sport et peu importe le niveau, ça n'arrive pas souvent, comme j'ai pu le voir à Mont-Tremblant dimanche passé. Je n'étais pas si loin mais ce n'était pas assez encore.

Au moins je commence à récupérer cet effort violent et ce soir, les jambes étaient suffisantes pour ramener quelques coups, embarquer dans deux échappées et surtout s'assurer que ça finisse au sprint.

Toute l'équipe était très émotive ce soir. Personne n'a eu de cadeaux de notre part. Après un début de saison tout croche malgré une forme physique supérieure aux années passées, nous avions tous le goût de compléter le casse-tête et de nous afficher comme des prétendants sérieux au titre final une bonne fois pour toute.

Qu'on le veuille ou non, on entend les rumeurs disant qu'on ne pourra rien faire contre une grosse équipe organisée comme EKOI-Gaspésien. 

Nous connaissons notre potentiel et nous assez fiers pour montrer que tous ces championnats des 7 dernières années ne se sont pas gagnés en criant bingo.

L'équipe a beau être composée d'entrepreneurs et de professionnels super occupés et d'un barman qui se couche toujours à 3h du matin, nous choisissons nos batailles et cette course au titre en est toujours restée une à notre portée.

L'absence de pluie a permis une course plus rapide, plus dure et plus amusante. De la pure vitesse. On s'ennuyait de ça cette année!

Souvent, cette saison, nous étions en route pour la gagne à 500m de la fin et tout basculait. 

Ce soir, Ce fut l'inverse. 

J-F semblait en route vers un top 5 maximum à la sortie du troisième virage. P-O s'est fâché et a ramené notre capitaine au front à 300m de la ligne, passant la compétition comme lui-seul sait le faire. J-F complète le travail et nous voilà avec un nouveau match après 5 étapes de complétées sur 10. 

14 points de retard.

Et avant tout ça, il a fallu rattraper les échappées toute la course, ce que Alex, Chuck et moi avons pu faire.

Merci beaucoup à mon équipe, c'était la première fois que je faisais partie d'une formation gagnante à Lachine. Un championnat en 2010, c'était quelque chose, mais la victoire d'une étape, c'est instantané et différent. C'était surtout inconnu jusqu'à ce soir.

Je ne suis pas le moins bon coureur ni le meilleur, un bon équipier mais pas un gros gagneur. Ce ne fut pas mon plus grand mardi mais tous les efforts massifs investis dans des tentatives infructueuses par le passé sont encore frais dans ma mémoire et me rendent pleinement satisfait de cette soirée. C'est super d'être parmi les champions parfois.

Il reste cinq étapes, on sort le scooter vendredi...

Commentaires

luchamelphoto a dit…
J'ai le poil deboutte sur les bras. Game on les boys.

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