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Le retour à la compétition


Dans un état d’alcoolémie avancé vendredi soir pour la première fois depuis longtemps, en fêtant la fin du voyage, je radotais que j’allais me pointer à la cyclosportive La Metabetchouane, qui avait lieu dimanche matin.

Samedi après-midi, alors que j’étais encore bien vert sur mon divan, la grosse Carole m’a crinqué à aller rouler une heure.

Sort le clippeur, coupe la barbe, le poil de jambes et let’s go sur le becyk en carbone. J’ai réappris la conduite assez rapidement et je me suis dit que j’irais faire cette cyclosportive, toujours très bien organisée, demain.

Je l’ai gagné facilement au sprint à 17 ans, en 2007, donc je sais que je peux sûrement finir dans le premier groupe en me forçant pour passer par-dessus les bosses (je manque probablement un peu d’intensité, mais je pense que j’en ai fait quand même plus qu’on ne pourrait le croire en voyage) et ma fatigue des 28 derniers jours sans arrêter de rouler.

J’étais bien content de retourner à un événement de vélo, de rouler vite etc. Mais la réalité des courses dans ma région m’a vite rattrapé.

Je ne m’étendrai pas longtemps sur le sujet comme la dernière fois, au risque de me faire fusiller. Juste pour dénoncer l’attitude de certains « coureurs » qui manquent tout simplement de classe.

Ça me révolte à chaque fois de voir des routiers plus expérimentés se pointer à des cyclosportives sans assumer le fait qu’ils vont se frotter à des nouveaux cyclistes qui sont moins habitués à rouler en peloton, encore moins en course.

Et puis là, ça se crit après, ça se lance des insultes. Des adultes qui crient après des jeunes qui commencent le vélo, et plus qu’une fois. C’est n’importe quoi.

Dans ces événements, les coureurs plus forts ont tendance à vouloir tout décider et contrôler d’une façon assez ridicule (par exemple, des attaques à 45 km/h, des chasses d’échappées à 40 km/h) et crient après tout le monde aussitôt qu’on passe trop proche d’eux, comme je l’ai fait souvent, car les coureurs contre qui je course habituellement sont des vrais, ils sont habitués à la proximité, qui fait partie de la course de toute façon!

On a donc affaire à des flasheux-peureux-ridicules, si vous voulez mon avis.

Bref, rien pour encourager les nouveaux, jeunes et moins jeunes, à continuer dans le sport. À voir l’attitude de ces gens (je ne nommerai pas de noms, juste trois lettres : GTH), je ne doute pas qu’ils foutent aussi la merde avec les automobiles durant leurs entraînements. Bref, de piètres ambassadeurs pour notre beau sport. Pas pour rien qu’ils n’ont jamais sorti de leur région et qu’ils sont jaloux de ceux qui ont réussi à la faire. Le savoir-vivre, ça ne s’achète pas.

Non mais sérieux, réfléchissez-y deux minutes, nous avons la chance au Québec de courir souvent contre des athlètes professionnels, des Québécois pure laine, qui se frottent aux meilleurs de la planète plusieurs fois par année. Jamais ceux-ci n’ont fait preuve d’un comportement semblable. Ils font leur petite affaire durant la course et règlent ça à la pédale. Ce devrait toujours être ainsi. Je ne suis pas parfait moi non plus, mais je m’inspire de ceux qui font bien les choses à mes yeux.

«This sport is so hard that everyone who pratices it deserves the same respect.»

- George Hincapie

Tient, pensez à ça.

En conclusion, j’aurais aussi aimé régler ça à la pédale comme en 2007, surtout que ça ne roulait pas super vite en ce sur-lendemain de méga-veille.

Un saut de chaine à 15 km de la ligne (et-une-engueulade-parce-que-je-ralenti-dans-la-côte-et-que-mon-bike-est-mal-ajusté-excuse-moi-man-j’arrive-de-traverser-le-Canada-il-y-a-30-heures-toi-t’es-un-vrai-cave) m’a mis hors-peloton et j’ai fini à jaser de voyage à vélo avec un coureur largué jusqu’à l’arrivée.

Belle journée quand même, c’était bien de revenir aux efforts plus violents. Mais sans plus. Cette semaine, je fais ce que je veux. La seule chose obligée, c’est de courir juste un peu chaque jour, pour préparer les articulations à la vraie course à pieds qui commencera… Bientôt là, je sais pas quand!

Je sais juste que j’ai un Demi-Ironman à Magog le 31 juillet. Je dépasse le quota de un triathlon par année imposé par P-O Boily, afin que je reste un gars de bike. J’espère qu’il me pardonnera huh!

Moi et Maxime voulions revenir au Saguenay avant que notre mère ne parte en vacances en Italie avec son amie. Chose faite, la mère partait mardi de… Dorval. Elle m’a demandé si je pouvais aller les porter à l’aéroport.

J’ai aussitôt allumé : mardi---»Dorval---»vol en soirée---»proche de Lachine. Let’s go j’y vais. J’ai donc devancé mon retour aux mardis cyclistes de deux semaines, me pointant dans l’équipe du maillot jaune ( !) avec 0 (vraies) courses dans le corps cette année.

Finalement, je n’ai pas eu mon maillot d’équipe, ça m’a démotivé un peu mais sans plus. Tout cela pour dire que la course a décollé et j’ai été quand même à bloc durant 15 tours. Jamais en danger de me faire sortir du peloton, mais l’acide lactique me montait à la tête plus que d'habitude et pas question d’aller tirer ou faire des échappées. Correct dans le peloton, impossible dans le vent.

Je me suis senti mieux au fil de cette course qui ne roulait pas si vite après tout. Ici, contrairement à dimanche, ça roulait bien et personne ne m’a crié après!!

Les mardis sont un excellent entraînement pour reprendre du rythme, mieux qu’un course plus facile, où les changements de vitesse sont plus secs. Ici, ça roule toujours à bonne vitesse, donc ça grossit le moteur.

Vers la fin, me sentant plus fort, j’ai décidé d’aller en avant du peloton et d’y rester, pour ne pas subir la fin de course par arrière, ce qui est encore plus difficile que de faire sa place en avant.

Je suivais donc le maillot jaune, gage de succès, jusqu’à ce que J-F me demande d’aller tirer un peu si j’étais capable. J’y suis allé pour faire ¾ de l’avant dernier-tour en avant. Ce fut mon seul effort dans le vent de toute la course. Je suis beaucoup moins fort que l’an passé, mais comme on disait dans notre voyage : «Ça aurait pu être pire John…»

Je fini ma soirée bien content d’avoir souffert pour vrai en dégustant une bonne Bleuale du Siboire. Ce soir encore, je vais bien dormir. Maintenant, je suis revenu au Saguenay et ma semaine relaxe commence pour vrai.

Commentaires

Anonyme a dit…
Je suis tellement 100% d'accord avec toi avec le manque de respect de certain rouleur qui se la pète en tab... et surtout ceux qui ont un chandail d'équipe... qu'ils ont payé!

Moi la journée que je vais avoir un chandail de magazin sur les épaules et que je vais le représenter dans une course
1- soi certain que je vais fermer ma geule et paédaler
2- soi certain que je l'aurai pas payé ce foutu chandail !!!

et puis en terminant, GTH, c'est un bon magasin, mais pour le reste....
Maxime Maltais a dit…
Ça aurait pu être pire John ... bien pire.
la couze Isabelle a dit…
Tu devrais recommencer à faire du montain bike : pas de chialage ! Juste de la bouette, des racines, des bosses, des sauts pis des... Ouf !
Claude a dit…
Lorsqu'on est en bas, on essaie de ramener ceux qui sont plus haut vers nous. ;-)
Martin Cléroult a dit…
Pas cool de pointer du doigt une équipe comme cela, sans discernement et pour le comportement de un ou quelques coureurs...
Est-ce qu'il ne faut pas passer par là, "avoir peur d'être trop près des autres et se faire couper" afin de devenir un jour un "vari" coureur cycliste...
David Maltais a dit…
Merci pour les leçons de vie. La prochaine fois je m'abstiendrai de défendre l'éthique sportive.

La prochaine fois, je le ferai comme tout le monde, dans leur dos. Comme ça on perd moins la face.

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