Accéder au contenu principal

Mon premier triathlon


Voici la journée de dimanche, dans l’ordre chronologique.


Samedi 21h05 : Dodo direct en me couchant

1h30 : Réveil en pensant que c’est l’heure de se lever. Je regarde l’heure, ben ben déçu. Je tourne dans mon lit en pensant en ce que je m’en vais faire. Mon premier triathlon, un Demi-Ironman. Je pense à tous ceux qui m’ont dit que j’étais un peu cave et que je saute des étapes, mais je reste convaincu que je serai capable de relever le défi haut la main.

Je repense à la vie d’athlète et je me rends compte que je suis retombé rapidement dans mes vieilles habitudes d’il y a un an ou deux. Deux jours à bien me reposer, m’occuper seulement de moi et à focuser sur la compétition jusqu’à en devenir complètement obsédé pour performer au maximum. C’est un beat de vie cool, mais je ne ferais pas juste ça non plus…

1h53 : Je suis stressé.

2h30 : Je pense à Éric Van Den Eynde : « Tu sais, c’est pas grave si tu dors pas beaucoup. L’important, c’est d’avoir les jambes allongées… »

2h31 : Je suis stressé.

3h20 : Normalement, je me couche environ à cette heure-là.

3h30 : Je me rendors.

4h00 : Nounou Maxime me réveille en me disant de ne pas oublier mes souliers de course… Pas gros de sommeil mais je suis ben réveillé. En fait, je dors depuis une semaine, j'en peux plus d'attendre, j’ai hâte de me tirer dans l’eau ben frette.

4h10 : Johanne me dit bon matin en me demandant si j’ai oublié mes souliers de courses…

4h10 et une seconde : Je commence à penser que j’ai oublié mes souliers de courses.

4h15 : Déjeuner, Maxime nounou nous raconte son rêve de la nuit dernière, durant lequel je cours le demi-marathon nu-pieds. Je comprends pourquoi tout le monde me parle de mes souliers de course.

5h05 : Mes souliers de course sont bel et bien dans le sac, qui est dans le char, Go to Syracuse. Environ une heure de route.

5h10 : Rise against et The Killers accotés dans le char, fait noir sur la route et il se met à mouiller, sauf que la température est assez clémente pour cette heure du jour, on va avoir une belle température, 16-18 degrés, une météo qui m’avantage. Je suis un gars de frette moé.

5h30, c’est plate. Je suis tanné d’attendre. Je deviens fou.

5h31 : « 21 km de course… c’est sûr que jva mourir…»

5h32 : « Imagine le Ironman l’an prochain… »

5h33 : « Ah, pense pas à ça ! »

5h40 : Je suis bien content de ne pas conduire, c’est une bonne idée d’avoir amené Maxime nounou avec nous et merci à lui d’être venu. Ça nous évite ben ben de la fatigue avant le départ. En voyant tout le site de transition hier, Maxime nounou aurait aimé faire la course aussi, mais il ne s’est pas inscrit ET la rentrée scolaire l’affecte encore !

5h48 : Encore du Rise Against accoté.

6h00 : On roule à 20 km/h. Faut ben juste un événement Ironman pour faire des bouchons à ct’heure là le dimanche matin!!

6h01 : Fred sort du char pour pisser et reviens facilement dans la caravane.

6h07 : Je sors faire pipi à mon tour, les chars accélèrent et voilà que je cours tout seul dans le noir.

6h30 : On arrive au site de transition, on a pas encore trouvé le parking, on débarque du char avec nos sacs. Un autre avantage d’avoir une nounou !

6h50 : J’ai ma chip et je suis tout seul à me changer. Il ne fait pas si froid. Je vais faire le vélo en costume de triathlon seulement.

7h30 : Je trouve les autres et on se prépare.

7h50 : Départ 10 minutes à l’avance, moi et Fred sommes les derniers dans l’eau. Je finis de zipper le wetsuit de Fred 0,3 secondes avant le départ.

7h51 : L’eau est très frette, je respire et nage tout croche.

7h55 : Complètement largué par la tête de course, je fonce dans le seul autre nageur présent à 10 mètres carrés aux alentours et on part à rire.

8h00 : Je me fais dépasser par les filles de mon âge, j’ai 500 mètres de fait.

8h05 : « Ah non ! C’est même pas encore la bouée du 1km !! »

8h30 : Sort de l’eau enfin, c’est comme sortir de prison, c’est le pire moment de ma vie (inside). Je vois double, je suis tout mêlé et je me fais dévêtir de mon wet suit par deux belles jeunes filles. Ah pis arrêtez-pas ! Ben non faut que j’aille faire du bike, comme d’habitude…

Bike : Dépasse genre 1000 cyclistes en 2h30 environ pour 37 km/h de moyenne dans la brume et les faux-plats sans arrêt. J’étais VRAIMENT bien sur le vélo, le parcours n’était pas facile mais je ne l’ai pas senti. J’étais vraiment « race fit » aujourd’hui, c’est juste que je nage comme une graine.

10h55 : Je rattrape Fred en bike dans le dernier kilomètre et on entre dans la transition ensemble.

11h : Fred accroche son bike en courant direct dans le rack à vélo, c’est beau ça !!

11h03 : Début du demi-marathon, premier kilomètre très difficile, je trouve ensuite mon rythme et je tiens 4 :15 - 4

:20 minutes du km en moyenne.

11h20 : Je prends mon 5e gel de la journée, ça ne passe pas très bien, y’a ben trop de sucre dans mon corps.

12h05 : km 12,5. 6e gel, aussitôt rejeté. Pas aussi tough qu’Andy Shleck dans l’annonce de Specialized. Je vomis partout sur le boulevard. 3 bonnes shots de régurgitation. Je suis complètement débâti, je devrais m’asseoir dans un divan pour le reste de la journée, mais je réalise vite que c’est l’un de ces moments dans la vie où il faut assurer et je repars à courir au même rythme qu’avant. Je me rends compte 5 mètres plus loin qu’un gars a filmé toute la scène. Malade, c’est le cas de le dire !

12h17 : km 15, j’explose ben raide, les cuisses ne fonctionnent plus. Nouveau rythme jusqu’à la ligne ; 6 minutes du km. Les pulsations ne montent plus en haut de 140, le corps est feni. Tout le monde me dépasse et je m’accroche à la vie. J’hallucine ben raide. Les ptites bonnes femmes au ravito me disent « looking good Dévid ». Ben oui ben oui, t’as ben raison.

12h50 : Je passe la ligne et Fred est pas loin. Je reçoit ma super belle médaille de finisher ainsi qu’une cappe en aluminium pour me garder au chaud.

12h55 : Je soulage mon envie qui date du 10e kilomètre de bike.

13h10. Fini de bouffer, je dors dans le gazon avec ma cappe d’aluminium.

13h30 : On retrouve Maxime nounou, Luc et Johanne. Tout le monde a réussi. Fred 4h40, moi 4h56, Luc 5h46. Super belle journée très bien organisée (ça valait le prix qu’on a payé je pense !) et super belle fin de semaine, un gros merci à nos hôtes et à nos accompagnateurs. J’ai gagné mon pari et je rentre chez moi ben content.

Maintenant, vous êtes tannés de lire et je suis tanné d’écrire.

À la prochaine fois !


Commentaires

André Bourdages a dit…
Tu es un demi-dieu!
Louis a dit…
Du beau boulot! Prochain défi?
Anonyme a dit…
Wow tout un trip!
Belle performance, vous devez être très fatigués.
La nounou(Maxime) a été utile comme je vois. J'aimerais bien y aller l'an prochain, je remplacerai Maxime et je pourrais accompagner Johanne.
Anniexxx
David Maltais a dit…
Quelques cyclocross, j'ai mon vélo maintenant!
Anonyme a dit…
Ben pourquoi pas venir une gang de ''nounous'' Maltais l'an prochain!!! De toute façon je pense que nounou Maxime va faire partie de l'autre gang...ceux qui ont besoin d'une nounou :) À l'an prochain!

Nounou Johanne
Anonyme a dit…
Bravo, ta réussie
Anonyme a dit…
AHAHAHAHA!...Sérieux, ça fait longtemps que je n'ai pas pouffé de rire de même en lisant.

Très bon ton blogue DÉÉÉÉÉvVVID.

GNnnnnnn

Jean-Simon dit Gieen Séman

Posts les plus consultés de ce blog

Si je meurs frappé par une voiture

Ça y est, la neige est partie. Tous les cyclistes roulent dehors.
Dans mon esprit, une question presque morbide me revient maintenant à chaque printemps: Qui se fera tuer sur son vélo cette année?... 
La route appartient à tous et ces moments de liberté sont à nous. Svp ne nous en privez pas. Photo: Geoffroy Dussault
Si jamais je meurs frappé par une voiture, je serai une autre victime de l’inattention d’un conducteur, d’un texto ou même de l’alcool au volant. Ce sera peut-être en partie de ma faute, mais qui ne fait jamais d'erreur? En général, sur la route, les plus vulnérables n'ont pas droit à l'erreur.
Si jamais je meurs frappé par une voiture, dîtes-vous que c’était ma pire crainte, que j'y pensais à chaque jour. Mais il faut continuer à vivre, continuer à rouler.
Si jamais je meurs frappé par une voiture, dites-vous que j'ai pu voyagé un peu dans ma vie, que je considérais le Québec comme un endroit merdique pour pédaler. Nous côtoyons chaque jour des con…

Merci aux automobilistes

Je pense qu'on ne vous l'a jamais dit. 
Chaque jour du printemps, de l'été et de l'automne, nous sortons rouler. Vous êtes des milliers à nous contourner, à laisser 1, 2, 3 mètres de distance entre nous et votre voiture. 
Merci à la grande majorité des automobilistes qui nous permettent de pratiquer notre sport préféré en sécurité.
Dans un débat qui tourne en rond depuis des années entre les autos et les vélos, on oublie souvent que la plupart des automobilistes sont très courtois. Ils le font de bon coeur ou encore en pestant dans leur voiture contre les maudits bécyks. Mais ils ont assez de conscience sociale pour nous donner de l'espace, quelle que soit leur opinion sur le sujet.
MERCI
Je suis le premier à chialer contre les cyclistes imprudents quand j'embarque dans ma voiture. Pourtant, je passe des centaines d'heures sur mon vélo à chaque année depuis 15 ans. 
Chers collègues sur deux roues, vous remarquerez que les coups de klaxons, les frôlements d…

Si la route ne suffit plus

Nous vivons dans un monde moins périlleux qu'autrefois. Pour nous qui lisons ces lignes, plusieurs choses si précieuses il y a un siècle sont aujourd'hui acquises; avoir un travail valorisant, manger à sa faim, pratiquer des loisirs, etc.

Si bien qu'on s'invente parfois des problèmes. Les grandes maladies infectieuses du passé ont laissé place à la déprime, au syndrome du gazon plus vert chez le voisin. 
À quelque part, si la survie nous garde vivant, la facilité semble nous tuer.
Donc on se met dans la misère pour se sentir en vie. Côté vélo, même si on peut dire que la situation s'est améliorée depuis que les pays modernes ont commencé à asphalter les routes il y a des décennies, allez comprendre pourquoi on les fuit maintenant pour retourner rouler sur la gravelle. 
Tout s'explique. Combien de nos sorties de vélo furent sans histoire? On roule souvent les mêmes parcours, près de chez soi. Si beaux mais si prévisibles à la fois.
C'est pourquoi l'hiver…