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La fin de saison


J’ai toujours eu ce stress au départ de Montréal-Québec. Veux, veux-pas, personne ne fait quelques 230 kilomètres en becyk les doigts dans le nez.

Mais comme cette course me fascinait tant durant mes années chez les cadets et juniors, je me disais qu’après tout, c’est un bon stress !

Fidèle à mes habitudes, mon vélo n’était pas en ordre au départ. Un problème de dérailleur-avant a évidemment empiré la veille de la course. Bon, peu importe, tout ce que j’ai à dire, c’est un gros merci à Marc Dufour et ses collègues, du groupe centrifuge!

Le départ de Montréal-Québec est toujours nerveux. Plusieurs marlous, vieux maîtres comme jeunes seniors, rêvent de faire une longue échappée en solo du début à la fin, sans raison logique apparente. Ce qui fait en sorte que ça attaque de partout, une tête folle après l’autre, durant les 15 premiers kilomètres. Pour une fois cette année, mon rôle dans l’équipe n’était pas de courir après tous ces fuyards…

Pendant ce temps, moi et mes coéquipiers Antoine Duchesne et Jean-François Laroche avons constaté que la poudre Carb boom dans nos bidons goûtait en fait les arachides, je dirais même les caca-ouètes ! Gare aux allergies !!

Tant pis, on a fait avec sans problèmes, jusqu’à ce que, de mon côté, je me retrouve avec Antoine dans l’échappée du jour, reprise en fin de course, et que je commence à me sentir vraiment mal dans le bedon.

Bien sûr, il y avait le rythme de croisière de l’échappée, qui était bon sans être abusivement rapide. Il y avait la fatigue après environ 180 kilomètres parcourus, déjà 40 km de plus que ma plus longue sortie de l’année. Sauf que lorsque j’ai su, après la course, que la poudre à bidon aurait dû goûter le citron, j’ai bien compris que ça n’a pas joué en faveur non plus !

Qu’à cela ne tienne, comme quelques autres coureurs, j’ai été lâché de l’échappée après environ 200 kilomètres, avant que celle-ci ne soit rattrapée. Vite avalé par le peloton et rapidement recraché, comme dirait Louis Bertrand, c’était fini pour moi, direction camion-balai.

Malgré cette fin tragique, je suis bien content de ma journée. Je m’en souviendrai comme l’une de celle où je suis allé au plus profond de mes limites sur un vélo tout en me faisant plaisir. Je penses que c’est ça, l’idéal sportif, c’est que je voulais faire et c’est donc mission accomplie.

Visiblement, je n’étais pas vraiment bien, mais je suis bien content d’avoir été un acteur dans le scénario au lieu d’un figurant qui profite de la reprise de l’échappée pour finalement pointer son nez dans le vent à cinq kilomètres de l’arrivée, comme tous ceux qui ont inscrit un bon résultat. Mais ça, c’est la course !

Bravo à tous les participants. Chacun a sa petite histoire et surtout beaucoup de mérite, parce que, à part pour les pros qui ont l’habitude de ces distances. Ça reste une aventure hors du commun, cette course. C’était très bien organisé aussi, à l’exception du fait qu’il n’y avait pas beaucoup de collations pour les coureurs à l’arrivée.

Vînt ensuite le dernier entraînement avant la course de mardi. Une grosse soirée bien arrosée sur la Grande-Allée avec le monde de bike, comme dans le bon vieux temps. Merci encore à Pierre Boilard pour la bonne bouffe en soirée et au Groupe centrifuge pour le dépannage neutre, hors-course cette fois-ci ! Du bon monde dans le milieu du vélo de route, y’en a encore en masse malgré tout…

Me voilà « coincé » à Québec en excellente compagnie jusqu’à ce soir, deuxième et dernière répétition du cycle course-party. Ce sera ma dernière course avant un très très long moment et je vais jeter tout ce qu’il me reste pour cette année et l’année prochaine. Après ça, on fêtera notre championnat en grand et je me tournerai vers ma préparation pour le demi-Ironman de Syracuse, qui aura lieu dans un peu plus d’un mois.

Mais on n’en est pas encore là. Au mois de mars, lorsque notre équipe a perdu la grande majorité de son budget et de ses coureurs, on nous a offert de rester pour courir au VC-Montréal-Cycle Régis et d’aller gagner le championnat à Lachine. C’est la seule chose qu’on nous a demandé, on était les seuls à y croire et dix semaines plus tard, on est les seuls à réussir.

Gagnants par défaut, meilleurs-deuxièmes ou vainqueurs légitimes, la vérité dépend du point de vue. Sauf qu’il me semble qu’en matière de club amateur, il ne se fait pas mieux que nous au Québec pour gagner cette course d’abord réservée aux amateurs. On l’a fait avec deux fois moins de soldats que par le passé et il faut le dire, avec un leader d’une constance remarquable de la première à la dernière étape. De plus, choses rare en ce monde, un capitaine qui apprécie à leur juste valeur chacun de ses lieutenants qui se donnent à 110% tout en restant dans l’ombre absolue.

Ce soir, je ne gagnerai pas en tant que coureur, mais bien comme simple équipier. Sauf que je peux déjà dire que compte tenu de mon cheminement effectué depuis neuf ans, je serai très fier d’avoir atteint cette belle réussite dont je vais souvenir toute ma vie.

Une très belle fin, un beau tremplin vers autre chose, dès demain matin.

Commentaires

Anonyme a dit…
beau texte Dâââââvid!!!!

PE boiv
Maxime Maltais a dit…
Dave ma être là a soir pour la course et l'après course !!! hahahaha

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