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Entrevue avec Joëlle Numainville



La Lavaloise Joëlle Numainville a été l’une des meilleures cyclistes québécoises en 2009. Celle qui a été championne canadienne à deux années junior ne cesse de progresser depuis. Elle s’est même offert ce titre de nouveau cet été, chez les moins de 23 ans cette fois.

Sa carrière l’a mené sur le vieux continent à plusieurs reprises, où elle a eu la chance de vivre une expérience fort différente, surtout en 2009, alors qu’elle a quitté l’Europe en plein mois de juin.

Joëlle a accepté de répondre à quelques questions dans le cadre de cette première d’une série de quatre entrevues avec des cyclistes québécois qui seront publiées prochainement sur mon blogue.

Voici l’entretien:

Joëlle, revenons sur cette saison 2009. Comment était-ce de composer avec deux circuits de compétition en 2009 ?

Je n’ai pas eu le choix, je devais vivre avec le fait que je ne courrais plus pour la même équipe en plein milieu de saison. Je suis super contente d'avoir eu la chance de retourner courir aux États-Unis avec l’équipe Kenda, ça a toujours été quelque chose que je voulais refaire depuis mon expérience en 2006 avec l’équipe Biovail et en 2007 avec expresscopy.com.

Pourquoi as-tu mis fin à l’expérience européenne en plein milieu d’année ?

Les valeurs et l'éthique de l'équipe ESGL-GSDGestion ne correspondaient pas du tout avec mes valeurs et mon éthique à moi...

Chez les filles, qu’elles sont les principales différences entre les courses sur le vieux continent et celles aux USA ?

Aux Etats-Unis, les filles gagnent de l'argent, elles ont une vie en dehors du vélo, une carrière. Elles vivent dans des conditions favorables. Je dirais que c'est beaucoup moins vrai en France...

Je parle ici des équipes européennes à petit budget en général, mais dans des équipes comme Cervelo women test team ou Colombia-HTC, c’est différent, les filles y sont très bien traitées.

Et au niveau du rythme des courses, les distances, la force des coureuses?


Le niveau des USA s'est grandement amélioré avec la présence de grandes cyclistes américaines sur le circuit. Les courses sont très relevées, mais c’est certain que ça ne se compare pas à une manche de Coupe du monde en Europe, où le niveau est vraiment au top. Les courses aux USA sont très payantes alors qu’en Europe, il n’y a pas d’argent à faire, les filles sont pauvres.

Quels ont été tes moments forts de la saison ?

 Coupe du monde à Montréal, où j’ai terminé 16e. Ma victoire aux Championnats panamericains et celle en Europe. C’est à ces moments que j’ai pu faire mes meilleures performances et accumuler des points UCI.

Avec ce titre de Championne panaméricaine, tu confirme ton statut de cycliste québécoise sur route la plus en vue sur la scène mondiale. Jusqu’où crois-tu que ta carrière peux te mener ?

Il n’y a pas de limite, mon objectif premier demeure la sélection olympique dans l’éventualité de participer aux Jeux de Londres en 2012. Entre temps, je compte continuer de faire ma place sur les Coupes du monde ainsi que lors des Championnats Mondiaux.

Tu es encore jeune, est-ce que tu penses pouvoir un jour avoir le niveau de Lyne Bessette, une cycliste qui était certainement l’une de tes idoles ?

Non, tu vois, je crois que Lyne et moi sommes des coureuses très différentes et nous avons un parcours qui ne se ressemble pas. Je pense avoir une carrière complètement différente. Je pense que Lyne a fait une très belle carrière mais de mon côté, je m’identifie plus à Marie-Hélène Prémont, qui combine les études et le vélo (NDLR : Joëlle étudie en finance à L’UQAM). Elle est vraiment cool, c’est un très bon modèle pour moi.

Pour 2010, à quoi risque de ressembler ton programme avec ta nouvelle équipe, Webcor ?

Je vais faire le circuit américain, j’ai vraiment hâte. J’ai beaucoup d’amis aux USA alors pour moi c’est vraiment cool d’aller là-bas, j’y ai vraiment du fun!! J’espère faire des projets de l’équipe nationale, surtout les Coupes du monde et mes objectifs sont en fin de saison : Les Championnats du monde et les Jeux du Commonwealth

Merci Joëlle, excellente saison et au plaisir d’essayer que tu ne me batte pas quand tu viendra courir avec les gars senior 1-2 au Québec l’an prochain!

Cool merci à toi!

Autres sujets

- L’automne est tranquille, comme pour vous j’imagine. École, devoirs et entraînement pour moi. J’ai laissé tomber la natation, j’aime pas ça. Plus de course à pieds, presque quotidiennement dans la belle ville de Sherbrooke.

J’ai commencé le rouleau hier. Ça faisait un bail, je n’avais pas touché à ça depuis l’hiver 2008, ma préparation 2009 n’en incluait pas, car mon emploi était en fait… prof de spinning !

- Justement, j’ai trouvé du boulot à Sherbrooke, à la Micro-Brasserie Le siboire, propriété de mon coéquipier Pierre-Olivier Boily que vous connaissez tous. C’est super, vous viendrez nous y voir !

- À part ça, et bien je profite de mon blogue pour vous rappeler que j’ai deux bicycles à vendre. Deux aubaines à ne pas manquer et c’est négociable !

- Pour les autres vendeurs de bikes, j’annonce que je me cherche un vélo de piste de grandeur small (nain).

- Pour finir, c’est pas du vélo, mais ça vaut le coup d’œil, une visite euphorique de mon ancienne école. Le bon vieux temps :D. Back in the days, j’ai eu des cours dans tous ces locaux avec des équipements ultra-modernes, mais le département de journalisme se situe principalement entre le gars qui fait des haltères et ceux qui se font couper les cheveux, vous verrez! Bon visionnement, si le cœur vous en dit. On peut d’ailleurs me voir sur un tableau de finissants ☹ : Voici le lien !

Je vous reviens dès que Planet Energy dévoile son effectif…


Commentaires

Guillaume Morin a dit…
C'est cool le concept des entrevues David ! Bon travail !
Anonyme a dit…
Salut David!
Belle entrevue intéressante,c'est toujours plaisant de connaître le coté personnel des coureurs et du même coup découvrir de nouveaux cyclistes.
De plus le vidéo réalisé dans tes anciens locaux (A.T.M.) est très bien et la micro brasserie semble accueillante...
À bientôt!
Anniexxx

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