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Autobiographie, 1ere partie


Je vous avais dit que je vous parlerais de ma "carrière" cycliste. Go!

Le tout commence vers le 8 ou 9 mars 1999, Jacques Villeneuve cours pour la pourrite d'écurie B.A.R. 

J'ai 10 ans, moi et mon frère gardons ma petite soeur de 4 ans. Mes parents sont à un souper. Il est une heure du matin. C'est plate. Mon père appelle: "Écoute la course de formule 1 en Australie, ça commence bientôt, ça va t'occuper".

J'ai toujours aimé les courses de chars, mais à partir de ce jour-là, j'en suis devenu fou. Je n'ai plus manqué un Grand-Prix les années suivantes, jusqu'à ce que Schumacher se mette à emmerder tout le monde en gagnant chaque GP...

Dès le lendemain, je voulais devenir pilote de course, de F1 en préférence lâlâ. Mais bon, une pensée rationnelle plus tard et puis j'étais déjà découragé: ça coûte cher!

J'ai donc pris mon vélo ce matin là et j'ai roulé comme un cinglé dans les rues de la ville durant deux ans. J'organisais des courses sur un petit circuit pas loin de la maison. Mais ça n'intéressait pas grand monde. J'étais tout seul des fois, je tournais en rond, un peu mongol. 

Je faisais des courses contre-moi-même dans les côtes. J'attaquais, j'étais un costaud! Avec le temps, la F1 a pris le bord, je rêvais encore du motocross, mais chez nous, les moteurs, ce n'est pas admis.

Par la force des choses, c'était le bike qui m'intéressait maintenant. Et là, j'en avais assez de gagner le "Tour de Chicoutimi" à chaque jour, toujours en jaune, toujours tout seul... Je voulais faire des courses de becyk de route, comme au Tour de France!

Il n'y avait pas vraiment de club au Saguenay, rien de bien structuré. Disons que ça a beaucoup changé!

Et puis, mes parents "n'allaient pas m'acheter un becyk de vitesse à 500 piaces", j'en avais déjà un "beau pour faire de la trail". C'était bien vrai.

Au printemps 2001, je suis allé au salon expo nature, comme à chaque année, pour voir les nouveaux 4 roues et bateaux et autres jouets pour adultes. C'est là que j'ai vu le stand de L'AVMSL (Ass. vélo de montagne du Sag-Lac). 

Bon, un circuit régional de vélo de montagne. J'ai le vélo, reste plus qu'à convaincre mes parents... Finalement, printemps 2002, j'achète mon maillot du club GTH-Kinap au coût de 75$. Je devais initialement le garder deux ans, puisque ça a coûté cher!

Première course à la mi-mai au centre de plein-air Bec-scie de La Baie. Minime, 1ere année Je vais m'en rappeler toute ma vie. Un stress fou sur la ligne de départ. Un stress qui m'a suivi jusqu'à mes 17 ans...

Le départ est donné. AYOYE, le calibre est beaucoup plus fort qu'au "Tour de Chicoutimi". C'est là que je découvre ma blonde des huit prochaines années: La souffrance dans les jambes.

Malgré tout, il faut que je gagne comme je suis habitué de le faire quand je cours contre moi-même! Je dépasse donc la trentaine de "tapettes en cuissard"(moi, j'en avais pas et j'en voulais pas) un par un jusqu'à la 3e position. Les deux autres sont trop forts. 

Wow, je vais finir 3e à ma première course! Ben non, ma roue me pette dans la face à 2 km de la fin. Je finis 4e et ben fâché, parce que tous les kids contre qui je cours ont des vélos de 5-600 dollars et moi, j'ai un becyk Canadian tire!

"On va le réparer", dit mon père. Ok. J'abandonne la deuxième course, à Bégin, la roue a encore cassé, au départ cette fois... Dernier abandon en 7 ans, jusqu'au Tour de Battenkill, au printemps 2008.

La prochaine course était dans un mois. Chaque soir, je revenais du Boisé Panoramique (très beau spot pour le vélo de montagne, en plein coeur de Chicoutimi) avec le vélo brisé. Et puis on le réparait.

Finalement, mes parents ont eux aussi compris ce que j'avais compris il y a longtemps déjà: J'allais faire du vélo toute ma vie, aussi bien m'en acheter un beau tout de suite pour que je puisse faire mes devoirs au lieu de niaiser à réparer les vitesses à chaque soir!

Je suis donc devenu propriétaire d'un magnifique Specialized Hardrock d'une valeur de quasiment 800 dollars. Là, j'étais content et j'étais en business. 

Une autre 4e place, une deuxième place et mes deux premières victoires, avec poils sur les jambes, bermudas et espadrilles nike avec du tape noir pour retenir les lacets. Tout ça pendant que Stéphane Cossette terminait dernier, aaaah les temps ont changé!

Et la cerise sur le Sundae: Qualifié pour le championnat des régions, à Val-David (Ça c'est loin de chez moi, je découvre la route pour aller aux courses à partir de ma lointaine région). 

Ma première course provinciale, assez inespérée en cette première année! Là, on m'a acheté des cuissard, des clips et des chaussures de vélo. 

Et puis je me suis fait rincer solide. J'ai fait connaissance avec les roues arrières de gars comme Alex Harvey et Francis Morin ou encore Hans Lambert, qui dépassait tout le monde en descente (Il est rendu pro dans cette discipline, d'ailleurs). Mais bon, je me trouvais "pas pire" quand même!

L'expérience fut géniale. C'est là aussi que j'ai rencontré mon futur coach, Jude Dufour, qui entraînait déjà des stars comme Elsie Torressan et Julien Fillion. Une rencontre qui a changé bien des choses (nous verrons ça un peu plus tard :).

J'ai aussi assisté, comme spectateur, à ma première compétition sur route, une régionale à Saint-Fulgence. J'étais vraiment impressionné par la vitesse que les seniors pouvaient atteindre. Le vent qui souffle quand le peloton passe, l'intensité du sprint entre Éric Boily et Raphaël Tremblay, tous deux cadets, qui faisaient la barbe aux plus vieux. Wow, là, c'étaient mes idoles!

Nous voilà maintenant en 2003, minime 2e année. Je me suis entraîné "comme un fou", soit deux pratiques de basket par semaine, au moins 2 matchs aussi. Mais surtout des 3 km de raquette en courant dans le bois derrière chez nous le samedi matin!

Un super gros club est créé ce printemps-là au Saguenay, Acidose Lactique. Une superbe initiative de Pierre Lavoie, qui n'a plus besoin de présentation!

 Moi, je voulais en faire partie, mais le maillot GTH a coûté 75$. C'est pour l'an prochain, me disent mes parents. Sauf que le coach appelle chez moi et veut "me signer". Hahaha!!

On m'a laissé y aller et là, j'avais un cuissard qui "fittais" avec mon maillot et des amis cyclistes de mon âge, le top! Sauf que ce sont les seules choses cool ou presques qui me sont arrivées dans cette saison, je n'allais pas vraiment vite. 

Je ne me suis pas qualifié pour les Jeux du Québec par 1 ou 2 points. Et ça, c'était VRAIMENT PAS DRÔLE.

 J'ai découvert les Coupes du Québec, finissant dans les 30 premiers à chaque fois... Pour moi, c'était les mondiaux, ces courses-là!

J'ai entre autres découvert le Mont-Saint-Anne au lendemain de ma "première brosse" au Saguenay. Ce fut bien sûr suivi de ma première déshydratation extrême le lendemain... Le début d'une grande relation avec cette montagne!

Mais avec du recul, je pense que je passais beaucoup trop de temps sur le vélo cette année-là. Je roulais chaque jour, même si le coach donnait des congés bien souvent! Tout cela à 13 ans...

Je passais aussi beaucoup trop de temps sur veloptimum et je connaissais déjà tous les meilleurs coureurs québécois et j'avais une méchante envie de faire de la route, mais je n'avais pas de vélo et après tout, c'était cool le mountain bike!

Même que mon frère Maxime a commencé à courir cette année-là. Voilà que je passais un peu moins pour un extra-terrestre dans les partys de famille!

Au début de cette même saison, Jude m'avait appelé. Il disait qu'un programme sport-étude dont il serait responsable débuterait l'automne prochain, à la Polyvalente Arvida. Je ne veux rien savoir, JAMAIS je n'allais rechanger d'école. 

Ma mère a quand même suggéré qu'on aille à la rencontre d'information et j'ai fini par changer d'idée. 7 ans plus tard, je peux dire que c'est ce choix qui a tout changé.

Ainsi, après une saison difficile, je m'en allais m'entraîner avec tous les meilleurs jeunes cyclistes de la région, dont Raphaël Trembay, qui courrait pour Volkswagen (Oh fuck! me disais-je) Éric Boily, Alexandre Raymond et autres gars abonnés aux podiums provinciaux autant sur route qu'en vélo de montagne. Mais j'étais crinqué à mort!

C'est à ce moment que j'ai commencé à passer de cycliste à athlète. Une longue aventure qui est loin d'être terminée, mais je continuerai une autre fois. Vous avez assez lu et j'ai assez écrit.

@+

Commentaires

Anonyme a dit…
Can't wait to read more!

dju

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