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Une virée payante à Saranac Lake


On a pas traversé les frontières en se faisant fouiller la valise pour rien.

 Une fois au pays de l'oncle Sam, moi, Stéphane, Michaël Joanisse et un autre dude sommes partis en échappés en début de course et on a jamais revu le peloton. En fait oui, on l'a revu à cinq tours de la fin, lorsqu'on lui a pris un tour. 

Finalement, c'est Joanisse, clairement le plus fort du groupe, qui l'emporte en solo après nous avoir semé à deux tours de l'arrivée. 

Stéphane termine second et moi, troisième. J'ai nické l'autre gars au sprint en lâchant un cris de mort en pleine souffrance. Il a eu peur, je passe 3e. Sorry man.

C'était vraiment pas facile, cette course complète en échappée. Je peux quand même être content d'avoir été dans le bon coup, sinon ça aurait été plate, comme à chaque fois que j'essayais l'an passé. On a pris le large après trois tours sur 50. J'ai ensuite souffert le martyr durant les 10 premiers tours de notre aventure. Je sautais mes relais, etc. Jamais facile d'être le moins fort de l'échappée...

Les choses se sont replacées pour moi, j'allais beaucoup mieux et participais au bien de l'entreprise.  C'est maintenant Stéphane qui allait mal. Il a passé la deuxième moitié de la course à prendre un relais de 10 secondes aux cinq minutes. Trois chutes dans la dernière semaine, un grand manque de sommeil au cours de la dernière nuit, voilà ce qui se passait avec lui. Il a lui-même avoué qu'il était aussi inutile que le Chinois-Tamoul-noir qui était en échappée avec nous au début du routier à Charlevoix!

On le traînait jusqu'au sprint. Joanisse le savait et il a attaqué, bon coup. L'Américain avec nous, un gars de l'équipe amateur du team pro Colavita, ne connaissait pas le sprint de Stéphane. Il s'est fait fourré. Quant à moi, je splittais mes gains avec Steph, donc pourquoi vouloir le sortir du groupe?!

Finalement, je suis perdant au split des gains, c'est moi qui a fait le plus d'argent des deux, chose rare! 

Une prime de 40 dollars était distribuée à quelques vingt tours de la fin. Les gars ont commencé à se regarder à la moitié du tour précédent. Je me suis dit "ah fuck la prime, faut pas s'observer trop longtemps, je veux rester en break moi, je vais les amener au sprint". Joanisse a bien voulu me passer, mais il a tout mêlé sa chaîne en accélérant. Stéphane attendait qu'un gars essaye de me passer pour aller le battre. Le Colavita a rien fait. Fek c'est ça, j'ai fait 40 piaces sans forcer.

Une fois l'épreuve complétée, c'était l'heure des podiums et du massacre des noms francophones: "Please, David Mâltease, Stephen Câssete and Michaël Djoêêênice stand around for the podium in a few minutes..." Étrangement, l'annonceur ne savait comment dire le nom de mon équipe. Pourtant, quoi de plus anglais que Probikepool.com-Kuota, viarge!

Moi et Steph avons ensuite repris nos bikes pour une virée à Lake Placid, question de compléter le 3 heures prévu par mon "coach". On était tout sale. Il faut dire qu'il a fait beau toute la journée, sauf 5 minutes avant le départ: un nuage solitaire juste au-dessus du circuit de .55 miles. Laissez-moi vous dire, en passant, que les tournants faisaient peur en début de course!

Bon c'est ça, nous voulions aller voir les installations Olympiques des Jeux d'hiver de 1980. On a donc pédalé environ 25 miles dans ce beau coin de pays. Tout ce qu'on a vu, c'est l'anneaux de patin de vitesse (...) et surtout les tremplins de saut à ski. Wow, il faut voir ça une fois dans sa vie. Je suggère d'être complètement gelé pour se tirer en bas de ces choses-là!

Ensuite, on avait faim et on a mangé une grosse pizza Downtown Lake Placid. Pas pressés, on est en vacances!

Bien sûr, comme à chaque fois qu'on pédale aux USA, tout le monde nous demandent combien de miles on a pédalé today. Ils sont gentils, les Américains. Seulement, je ne comprend rien dans leur langage commun accéléré. Jamais très intéressant de continuer la conversation à cause de ça.

Un dernier stop avant les frontières pour remplir le bolide de gaz pas cher et manger un lait glacé beaucoup trop gros. On rentre ensuite au pays.

Bon j'achève d'écrire là. À noter que vendredi c'était une sortie relaxe de 2 heures suivi d'une sortie intense dans les bars de Montréal en soirée. Faut que jeunesse se fasse un peu quand même, surtout avec 22 heures de bike cette semaine. 

Samedi matin j'étais vraiment pas prêt mais j'ai quand même fait le 4h prévu dans la Montérégie avec les deux grands Freds (Boivin et Lacroix) et Laurent Dallaire.

Je termine en félicitant les gars qui ont participé au Tour de Beauce. Chapeau, moi je serais pas capable!

Voilà c'est fini. 3 heures en crescendo aujourd'hui après quoi je me repose pour être prêt à me frotter à Floyd et sa bande demain soir.

5700 km

Commentaires

Anonyme a dit…
Un vrai rrrrrÉÉÉGALL!

ou comme dirait Tony...

GrRRRrreaaAT!

JS
Charles a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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